(Partie 2) Interview exclusive de Jérôme Coutard, co-fondateur du produit spécialisé dans l’analyse de la web-réputation, IGOOQ.

Comme promis nous publions la suite de notre entrevue avec Jérôme Coutard, co-fondateur du produit IGOOQ. Bonne lecture

Twenty1: Quel est ton avis sur le Social Marketing Optimization? et donc sur la web réputation.

Jérôme Coutard: C’est une activité désormais nécessaire pour une meilleure gestion de la visibilité d’un groupe ou d’un individu sur le Web. En effet, les recherches dans le domaine des communications montrent qu’il y a une corrélation directe entre la visibilité d’un objet (entreprise, produit, services, personnalité) sur le Web et sa performance. Ainsi, plus une région est visible sur le web et plus elle attire les touristes ; plus un médicament est visible sur le web, plus il est demandé et recommandé ; plus une actrice est visible et plus elle intéresse les médias et voit son cachet augmenter ; plus un homme politique est visible et plus il a de chances d’être élu… Tout cela a non seulement été prouvé mais aussi documenté. Intéressant certes mais troublant.

Twenty1: Court-on à la surenchère médiatique sur le Web ?

Jérôme Coutard: Probablement car s’il est certain que surveiller son image est important force est de constater qu’optimiser sa visibilité sur le Web est une activité tout aussi nécessaire.

Nécessaire mais aussi dangereuse… Il ne faut pas en effet abuser du réseautage à outrance. Se faire référencer sur des centaines de blogs par exemple peut avoir pour effet d’augmenter le bruit mais d’abaisser la pertinence des informations qui circulent sur une firme.

La meilleure stratégie de communications, directement reliée au SMO, consiste à cibler des relais d’informations dont la pertinence est avérée. Ainsi, une entreprise qui veut faire connaître ses nouveaux produits ou services devrait au préalable dresser la carte du réseau Web dans le lequel elle désire être présente. Pour ce faire, elle pourrait mettre en place des critères de sélection qualitatifs (pertinence, actualité, notoriété, scientificité, autorité…) qui lui permettraient de sélectionner habilement les sites sur lesquels elle voudrait être présente. Mais cela ne signifie pas pour autant que la firme sera relayée sur les sites ou blogs qu’elle a choisis.

Les blogeurs n’aiment généralement pas qu’on les « utilise » insidieusement ;-) Il faut donc jouer la carte win-win et montrer directement et honnêtement aux blogueurs, ces journalistes du web, que des informations stratégiques peuvent leur être transmises et qu’ils pourront ou non les relayer. S’ils ne les relaient pas, libre à l’entreprise de tenter sa chance ailleurs mais s’ils les relaient (correctement) et que ces informations sont vraiment pertinentes, elles seront très vite reprises et diffusées par d’autres blogueurs…au bénéfice de tous. A l’entreprise de faire que le medium devienne le message… mais à elle aussi de surveiller ces messages qui façonnent son image.

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Twenty1: Comment vois-tu l’intégration de la prestation IGOOQ dans une démarche de SMO

Jérôme Coutard: Gérer sa réputation sur le Web est une nécessité. Combien de firmes ou d’organisations auraient pu éviter des désastres en surveillant attentivement ce qui se disait sur elles sur le Web ?

Il n’y a pas si longtemps les grandes firmes disposaient d’une équipe de nuit chargée de décortiquer, avant l’arrivée des cadres supérieurs, les nouvelles qui circulaient sur la firme ou ayant un lien direct avec ses activités. Les argus de presse qui étaient ainsi constitués, avec force de ciseaux et de pots de colle, permettaient aux dirigeants de prendre le pouls des perceptions publiques qui circulaient sur leur entreprise.

Bien évidemment, si la surveillance attentive de la presse s’impose encore de nos jours, force est d’admettre que toutes les nouvelles plus ou moins importantes qui circulent sur une firme sont quasi instantanément disponibles sur le web. Surveiller et analyser sont deux activités qui permettent donc d’optimiser les stratégies marketing et de voir évoluer, de manière plus ou moins instantanée, un tout nouveau produit, les perceptions publiques sur un dirigeant mais aussi l’image et les activités de la concurrence.

Les solutions iGOOQ se situent donc à la fois en amont des communications web d’une firme –notamment par l’identification des valeurs qui lui sont propres – mais également en aval pour vérifier s’il y a adéquation entre cette image au départ et celle qui circule sur le web à la fin.

Twenty1: Vous êtes assez proches du marché américain physiquement mais également professionnellement comment le SMO et IGOOQ sont perçus par les entreprises américaines?

Jérôme Coutard: Les firmes nord-américaines sont à l’affût des dernières pratiques Web. Le référencement Web, le Web analytic et toutes les activités qui permettent à une firme de se positionner davantage sur le web sont devenues incontournables ici. Mais on constate également un stress au sein des firmes importantes par rapport au Web. Elles savent que le Web, comme l’étaient les journaux de masse avant, guide et façonne l’opinion publique. Elles se sentent ainsi démunies et agressées lorsqu’un blogueur influent vient détruire en 2 paragraphes les efforts de toute une équipe. Le risque pour elles est de ne pas réagir à la vitesse du web. Comment faire pour redresser l’image altérée d’un produit sur le Web ? Comment répondre intelligemment à la menace ?

L’envie est forte de répondre aux menaces de manière sous-terraine via un blogueur « accrédité » … Je ne dirai pas que cela ne fonctionnera pas mais cela est certainement très dangereux en cas de découverte. Il vaut toujours mieux privilégier une attitude transparente en répondant directement aux détracteurs par un discours le plus objectif possible en misant notamment sur la conscientisation (un des indicateurs de iGOOQ). C’est ici que la connaissance des bonnes valeurs à véhiculer va aider à structurer, renforcer et redresser une image altérée.

Nous avons été contactés par plusieurs firmes importantes ici et nous leur proposons, selon les cas, un accompagnement dans la structuration mais surtout dans la surveillance constante de leur image par rapport à celle de leurs concurrents. Nous intervenons généralement au sein des directions des communications ou des relations publiques qui sont les cibles les plus en phase avec la philosophie iGOOQ.

Twenty1: IGOOQ n’est pas un outil de sondage mais est ce qu’on peut le considérer comme un produit de substitution?

Jérôme Coutard: Les solutions iGOOQ sont une réelle opportunité pour les instituts de sondages car ces derniers font face à de nombreux problèmes scientiques et techniques que nous n’avons heureusement pas : augmentation des non-répondants aux sondages (de 45% à 80%), échantillonnages incertains, redressements des résultats en fonction de données antérieures, questions qui orientent les réponses etc…

Les sondeurs ont pris le virage Internet un peu tard. Pourtant, le Web est un réceptacle gratuit, ouvert et exponentiel des opinions publiques. Les solutions iGOOQ permettent instantanément de capter ces opinions exprimées naturellement sur le web. Bien paramétré, iGOOQ donne une vision extrêmement précise et contextualisée des perceptions publiques et peut ainsi décrypter une image globale sur tout ou partie du Web en un temps record et sans les biais scientifiques auxquels sont confrontés les sondeurs d’opinions.

Twenty1: Sans dévoiler tous les secrets de fabrication… est ce que tu peux nous indiquer un des axes de travail de IGOOQ, peut être un défi qui te semble intéressant de relever pour les futurs analyses du web

Jérôme Coutard: Nous développons en ce moment d’autres indicateurs de mesure pour sans cesse optimiser notre offre. Nous avons aussi un projet : celui de placer live un indicateur de type Buzz selon des catégories spécifiques qui devraient intéressées le grand public. Nous nous distinguerons toutefois de toutes les autres solutions en ligne puisque nous détenons une méthodologie d’analyse complètement différente de ce qui existe actuellement. A suivre donc…

Twenty1: Filteris , ta société qui porte le produit iGOOQ, souhaite se développer sur l’Europe, est ce que tu peux nous en dire plus ?

Jérôme Coutard: Nous sommes en train effectivement, depuis le début de l’automne, de vendre nos solutions à de grands groupes dont, évidemment, je ne peux véhiculer le nom… Nous devrions également ouvrir un bureau en France et ailleurs en Europe d’ici la fin de 2008. Pleins de changements donc et un avenir chargé de beaux projets.

Encore merci à Jérôme pour le temps consacré lors de cette entrevue. Si vous souhaitez contacter Filteris vous pouvez vous rendre sur le site de IGOOQ ou contacter Christophe de Twenty1 pour plus d’informations par mail (cf notre page contact).

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