Interview exclusive de Jérôme Coutard, co-fondateur du produit spécialisé dans l’analyse de la web-réputation, IGOOQ. (Partie 1)

Ce mois de décembre n’échappe pas à la règle de l’interview mensuelle dans Twenty1. Mais cette fois-ci c’est un peu particulier, car nous avons eu la chance de pouvoir interviewer l’un des 2 co-fondateurs du produit IGOOQ, Jérôme Coutard. Sans empiéter sur les réponses de Jérôme, on peut déjà signaler que ce logiciel (canadien) d’analyse de la web-réputation va faire parler de lui en Europe en 2008. Le concept est simple, vous rêvez de savoir ce qui se dit de vous sur Internet en quantité, en qualité et vous souhaitez comparer l’ensemble avec vos concurrents, IGOOQ permet de répondre à ces attentes.
Maintenant laissons place aux réponses de Jérôme, je vous en souhaite bonne lecture.

Twenty1: Bonjour Jérôme, merci à l’équipe IGOOQ qui par ton intermédiaire a accepté de répondre aux questions de Twenty1. Pour commencer simplement comment vas tu, en 2 mots quel est ton état d’esprit aujourd’hui?

Jérôme Coutard: Bonjour Christophe ;-) Tout va plutôt bien pour Filteris et notre équipe qui a travaillé d’arrache pied pour développer, structurer et lancer une nouvelle offre extrêmement originale de services de surveillance et d’analyse d’image corporative sur le Web. Le petit canadien iGOOQ est né dans les couleurs de l’automne ;-)

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Twenty1: Pour permettre à nos lecteurs de bien comprendre IGOOQ, est ce que tu peux nous présenter rapidement l’équipe et le concept IGOOQ

Jérôme Coutard: iGOOQ est un avant tout la combinaison du mot inuit GOOQ qui signifie « on parle de » et du I de Intelligence (compréhension). iGOOQ et ses indicateurs complexes de mesure nous permettent d’analyser précisément l’image ou la réputation Web de n’importe quel organisme, entreprise, personnalité, produit ou service dont « on parle » sur le Web. Les solutions iGOOQ permettent de voir évoluer, par exemple, l’image d’un nouveau produit à la lumière de ce qu’on en dit sur le Web ou sur des sites d’intérêt.

iGOOQ c’est aussi une expertise de haut niveau en analyse de contenu qualitative et quantitative axée sur le Web. Cette expertise émane des recherches scientifiques réalisées par les deux fondateurs de Filteris, Isabelle Dornic et moi-même. En effet, tout a commencé par une recherche exhaustive dans le domaine de l’influence durant les guerres majeures qui ont marqué le XXième siècle. L’idée d’origine était d’arriver à conceptualiser les modes d’influence des discours propagandistes de guerre par l’extraction et la catégorisation des informations que l’on retrouvait dans la presse.

Après des années d’indexation de contenus (manchettes, discours, dessins de presse) nous sommes en premier lieu arrivés à distinger 3 procédés de propagande et donc d’influence, fondamentaux et qui concourrent à l’image des pays en guerre :

- le dénigrement (mépriser et amoindrir l’ennemi ou tout opposant à la guerre),
- la conscientisation (relayer, rehausser et valoriser les actions alliées ou de tout groupe favorable à la guerre)
- la redondance (répêter inlassablement les mêmes messages afin de façonner l’univers culturel des lecteurs et de les faire adhérer aux valeurs prônées par l’intelligentsia).

En second lieu, nous avons démontré qu’un tout petit socle de 14 valeurs seulement (des critères positifs et négatifs porteurs d’émotions) structure l’ensemble des discours de guerre peu importe l’intensité et la durée des conflits. 14 valeurs ont ainsi contribué à façonner et à influencer les esprits durant toutes les guerres importantes du XXième siècle et ce avec une intensité et un martellement incroyable. Barbarie, Civilisation, Combativité, Faiblesse, Entente, Mésentente… ont pénétré les esprits.

Le staff scientifique de Filteris, derrière iGOOQ, enseigne les méthodologies d’analyse (recherche et analyse de l’information stratégique) à l’université Laval de Québec depuis 2000. Quelle n’est pas la surprise de nos étudiants quand on leur démontre que les discours de Georges W. Bush dans le contexte du conflit Irakien sont constitués des mêmes valeurs que nous avons identifiées pour toutes les guerres et qui ont jalonné le siècle dernier ;-) Quand il s’agit de convaincre, les mêmes refrains sont fredonnés !

Fort de cette expertise méthodologique, et grâce aux connaissances pointues d’Isabelle Dornic sur les réseaux sociaux et les identités, nous avons axé notre réflexion sur l’influence et sur ces mécanismes. Ainsi, comment se décompose l’image d’un groupe ? Quelle est son empreinte sociale et comment la décrypter ? Voilà les bases de la réflexion que notre équipe a menée dans diverses institutions universitaires renommées. Notre firme, Filteris, est née de cette réflexion et a exploité ces connaissances pour enfin les appliquer au Web, le plus grand bassin d’information mais surtout le plus grand bassin d’influence au monde. La boucle était donc bouclée… iGOOQ était né.

Twenty1: Dans les présentations de iGOOQ on retrouve le concept “d’indicateurs uniques”, en quoi sont ils uniques ?

Jérôme Coutard: Ils sont uniques car nous les avons créés nous-mêmes et optimisés au fil du temps. Ils ne ressemblent en rien à ceux, intéressants mais complexes à utiliser, qu’exploitent les logiciels ou solutions connus de lexicologie (alliance des mathématiques et de la linguistique moderne).

L’extraction rapide de toutes les composantes de l’image d’une société sur le Web est une des forces de nos indicateurs. Notre indicateur « buzz » permet par exemple, en un coup d’œil, de mesurer la présence et le bruit médiatiques d’une firme (ou de n’importe quel objet de surveillance) par rapport à d’autres qui exercent des activités dans les mêmes registres. Notre indicateur « dénigrement » est également facile à comprendre et répond à une interrogation majeure dans notre monde surinformé : parle-t-on de mon entreprise en mal ?

iGOOQ est divisé en 3 niveaux d’indicateurs.

- Le premier Reality donne une vision globale et intéressante du bruit qui entoure une firme, un produit ou un service sur le web. Ce premier niveau d’analyse comprend 2 indicateurs, Buzz et Antinomia, qui permettent non seulement de mesurer le bruit médiatique mais également de le décomposer en positif et négatif.

- Le deuxième niveau d’indicateur, Perceptions, est plus spécifique et précis. Il extraie précisément les perceptions positives et négatives qui composent l’image globale d’une firme ou de n’importe quel objet que nous surveillons. L’image d’une entreprise n’est bien évidemment pas seulement composée de l’image positive qui circule à son égard. Le niveau d’indicateurs Perceptions dégage donc les valeurs (critères positifs) et les contre-valeurs (critères négatifs) qui concourrent à l’image globale de l’entreprise surveillée. Mais à quoi cela sert-il ? La réponse est double :

La connaissance de ce qui se dit sur une firme lui permet d’ajuster ses campagnes de communications afin de redresser, au besoin, les « perceptions » négatives qui circulent sur elle.

Connaître ses valeurs lui permet également de véhiculer une image « en phase », actualisée et basée sur des mots porteurs de sens. En effet, les valeurs sont intrinséquement porteuses de sens et d’émotions. Elles sont loin de se résumer à des mots neutres. Connaître ses valeurs c’est donc se donner les moyens de mieux communiquer la vision et la mission d’une entreprise. Mais plus encore, connaitre ses valeurs permet à une entreprise de se référencer précisément et de manière influente sur le Web.

- Le troisième et dernier niveau d’indicateurs, Synthesis, offre une vision globale de l’image d’une firme, de ses produits et de ses services. Ces indicateurs qualitatifs et quantitatifs permettent à une entreprise de disposer d’un tableau de bord simple et précis de ce que l’on dit d’elle sur le Web (Conscientisation, dénigrement, redondance, variété…)

Twenty1: IGOOQ est donc un service qui s’appuie sur le web, est ce que tu peux me donner ta vision de ce web actuel (positif et négatif)

Jérôme Coutard: Le Web n’est plus le fourre-tout dont on l’accusait il y a encore peu de temps. Son utilisation communautaire l’a non seulement « structuré » mais surtout rendu sensible et en phase avec les intérêts de tous les groupes sociaux qui veulent se constituer, s’afficher et se faire reconnaître. Bref l’utilisation du Web est devenue une obligation pour qui veut exister, s’identifier, partager et influencer.

Twenty1: Est ce qu’on peut dire que plus le web va évoluer plus iGOOQ aura sa place?

Jérôme Coutard: C’est la niche dans laquelle nous nous situons en effet ;-) Plus le Web grossit, plus le nombre d’internautes augmente et plus la nécessité de la surveillance du Web s’impose.

Le marketing viral auquel s’adonnent quasiment toutes les entreprises importantes implique la mise en place de stratégies de contrôle efficaces des informations qui circulent à son égard. L’image d’une entreprise n’est en effet pas seulement constituée de ce qu’elle a réussit à projeter par le biais de ses propres stratégies de communication. Son image est aussi et voir surtout composée des perceptions (images positive et négative) qui circulent sur elle. Surveiller, analyser et ajuster l’image d’une entreprise sont des actions qui relèvent d’une stratégie de communication et d’influence étendue que le Web impose désormais.

Twenty1: Qu’est ce que IGOOQ peut apporter à une PMe-Pmi

Jérôme Coutard:En fait, la même chose que pour une grande entreprise mais avec une fréquence et une complexité un peu moins importantes. Dans tous les cas, les PME et PMI doivent surveiller leur image de manière régulière pour faire face notamment à la concurrence des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Par exemple, comment les PME et PMI françaises sont-elles représentées en termes d’innovation sur Internet ? Cette valeur Innovation est la garante de la pérennité des entreprises confrontées à la concurrence des pays économiquement émergents.

Twenty1: Quelles sont les dernières analyses faites par IGOOQ en rapport avec l’actualité et que l’on peut présenter?

Jérôme Coutard: Le site de iGOOQ qui sera optimisé dès le début de l’année prochaine offre une section Gooqies dans laquelle nous placerons gratuitement des analyses d’images dans divers secteurs. Dans les prochains jours, nous placerons des analyses du Buzz de blogs dans le domaine de la cuisine (les fêtes approchent à grands pas ;-), du Web 2.0 et de la politique. Soyez à l’affût ! (ndlr: surveillez bien le site Twenty1 car en cette fin d’année nous publierons quelques uns de ces Gooqies!!!)

Fin de la première partie, retrouvez la suite dès mardi 18 décembre

Commentaires

5 commentaires pour “Interview exclusive de Jérôme Coutard, co-fondateur du produit spécialisé dans l’analyse de la web-réputation, IGOOQ. (Partie 1)”

  1. bresil implantation » Interview exclusive de Jérôme Coutard, co-fondateur du produit … on 16 décembre 2007 17:29

    [...] Original post by Christophe [...]

  2. Interview exclusive de Jérôme Coutard, co-fondateur du produit … : Du Brésil on 16 décembre 2007 17:38

    [...] Original post by Christophe [...]

  3. Brésil services » Interview exclusive de Jérôme Coutard, co-fondateur du produit … on 16 décembre 2007 18:00

    [...] Original post by Christophe [...]

  4. Une analyse des blogs de cuisine via IGOOQ. : Agence de blog d’entreprises Twenty1 on 19 décembre 2007 17:49

    [...] continuer dans notre semaine IGOOQ, nous publions aujourd’hui une étude qui illustre le travail qui peut être réalisé avec [...]

  5. Interview de David Eichholtzer, Responsable de WAM-Référencement : Agence de blog d’entreprises Twenty1 on 7 mars 2008 16:30

    [...] spécialiste de l’image sur Internet, mais il faut croire que le dernier entretien avec Jérôme Coutard m’a épuisé car depuis 2 mois, la rubrique interview reste vide. Mais je vous rassure [...]

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